Toujours cette société

Depuis mon départ de Drummondville, donc mon emménagement à Sherbrooke, je vis dans une société différente, une que je connaissais pas. À vrai dire, une société dont je n’avais pas jeté un coup d’oeil de cet angle. Les choses sont différentes et pour rendre les trajets en autobus intéressants, je m’efforce à regarder les gens, à les analyser puis les analyser encore… sans sombrer dans l’obsession (parce qu’on y sombre, oui), biensûr.

La société actuelle est de plus en plus individualiste.

Avec l’arrivée des baladeurs mp3, les gens ne se préoccupent plus des autres. Ils préfèrent écouter leur musique, celle qu’ils aiment, plutôt que les bruits ambiants de la ville, de l’autobus, des autres. Chacun afféré, pensant aux prochaines actions qu’ils vont effectuer dans les prochaines minutes, simplement relié par le fait qu’ils utilisent le même moyen de transport, qu’ils ont fait un choix commun et que leurs devoirs ont fait en sorte de les placer au même moment à la même place.

Peut-être n’ont-ils pas le goût d’entendre les autres dans l’autobus. Je ne m’exclus pas du groupe et même si habituellement j’aurais tendance à me justifier quant à l’utilisation du baladeur personnel (telle est ma nature), je ne renie rien ici. Mais alors, quel est le point d’être individualiste si on vit en ville ? À quoi bon réunir les gens dans un seul et même enclos défini par les limites de la ville, du pays quant chacun veut mener sa vie de façon individuelle ? Qu’est-ce qu’ils recherchent, ces gens ?

Ou peut-être est-ce un petit plaisir qu’ils s’offrent en écoutant de la musique que, à ce qu’ils croient, personne d’autre qu’eux n’écoutent ? C’est mon cas. Et je dois dire qu’effectivement, ceci constitue un petit plaisir. Et que ceux qui écoutent les oeuvres de Simon Postford à Sherbrooke se lèvent. Aussi peu nombreux soient-ils. N’ayez pas peur de vous, de ce que vous êtes. Vous avez toujours voulu être unique ? Prouvez-le !

Statistiques et plastiques

Colin a écrit un billet intitulé Statistique et plastique dont seul le titre m’a été assez révélateur. Comme s’il avait enlevé la goupille d’une grenade laquelle nous ne connaissons pas toute la puissance. La société d’aujourd’hui est dirigée par des statistiques, des chiffres, tous plus significatifs les uns que les autres. On nous ment d’un côté, on rit de nous de l’autre. Et cherchez les côtés dans une pièce ronde. C’est ça : on nous rit en plein visage, nous empêche d’être nous-mêmes. Preuve ? Je l’ai dit ci-haut : les gens qui constituent la société sont de plus en plus individualistes.

Je l’accorde, peut-être qu’avant l’arrivé du balladeur personnel répendu à grande échelle les gens se donnaient une image, s’efforçaient de ne pas être tout à fait eux-même en déblatérant inutilement. Était-ce mieux, si tel était le cas ? Non, je ne crois pas. Et j’ai eu beaucoup de ces conversations inutiles depuis l’avènement (je fais relation à ma coiffure). Tout le monde me dit que je devais m’y attendre, mais pourquoi est-ce que les autres étudiants m’arrêtent lorsque je marche pour vérifier que je suis bel et bien comme ils ont constaté la première fois ?

Être soi-même, les autres aussi

Je n’arrête pas de dire, implicitement ou non, depuis le début de ce billet, que j’aimerais que tous soient eux-même lorsqu’ils pensent et agissent. Avec un brin de moralité biensûr. Je suis quelqu’un de très moral et ça m’arrête de faire des choses parfois. Biensûr ça me déplait et je ne suis pas toujours moi-même lorsque je me mets des barrières comme ça, mais par contre, je laisse les autres être ce qu’ils sont. Du moins, ce qu’ils ont l’air d’être. Et je pense que se respecter commence par le respect des autres, surtout en société condensée. Mais qu’est-ce que j’en sais ? Aux yeux de beaucoup de gens, je suis encore une personne presqu’asociale. Peut-être ne devrais-je (devrions-nous) pas laisser les autres être ce qu’ils sont ?

Et juste au cas où ça ne vous serait pas passé par la tête pendant deux secondes : les biens matériels, les options de facilité que vous choisissez toujours définissent des facettes de vous.

  • C-A

    si je peux permettre mon commentaire, qui ne vise pas la grande prétention, mais plutôt permettre à la discussion de pouvoir en voir de mon point de vue directement ici en Espagne.

    Les gens sont tous pareils, sauf que…

    En effet, la société occidentale s’est vue normaliser une tonne de coutumes propres à chaque région, sous aucun prétexte et dont le seul souci était le plus grand des profits. Nous sommes un marché, tous les jours plus solicités par une tonne de produits. (dont des balladeurs)
    Ces produits permettent de classer les gens, selon leurs revenus, leur statut social, leurs croyances ou leurs coutumes personnelles.

    De toute façon, on s’habitue à un ordre, à une manière d’être qui ne dépend selon moi plus de soi-même, mais simplement du milieux dans lequel on a grandi, et surtout les influences sociales.

    Je crois comme Camus que tous ont un “premier homme”, que cette jeunesse et ces valeurs s’inscrivent en nous et façonnent notre façon de voir la vie. Pour la majorité d’entre nous, hélas, notre jeunesse s’est bâtie autours de nouvelles valeurs, moins familliales, plus mercantiles…

    Les gens sont plus individualistes oui, ils ne veulent plus entendre les gens parler, ni l’autobus gronder… ils ont la chance d’être différent, comme tout le monde, d’ailleurs, c’est pour ça qu’ils restent froncièrement pareils… qu’ils habitent dans une métropole ou une autre…

    je crois, mais je ne suis pas sûr…